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Communiqué de presse en date du 29 mars 2017

Jacques AURANGE
COMMUNIQUE DE PRESSE En date du 29 mars 2017
Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Ardèche.

 

Il est fort probable que votre attention ait été attirée par la surmédiatisation, faite sur les ondes radio et certains hebdomadaires ardéchois, sur la requête d'une association adressée à Mr le Préfet lui demandant de valider et de généraliser le piégeage du sanglier comme étant l'antidote de la régulation des populations du "Sus scofra".

Que la Tribune et l'Hebdo de l'Ardèche portent crédit aux analyses et informations d'une association, peu représentative et dont le titre statutaire, à lui seul, précise la nature purement belliqueuse de ses intentions, n'est pas une surprise, mais que j'apprenne l'existence de cette requête par les médias et non pas par les services de l'Etat pose question. Je constate, avec tristesse, un changement d'attitude dans la communication entre l'Etat, ses services et ceux de ma fédération. Faut-il y voir là, l'instauration d'une nouvelle forme de relation ? Pour l'heure, j'invite tous nos partenaires à repenser la manière de gérer les relations avec la FDC07 : soit dans la construction, soit dans l'opposition ou le dédain... Il faudra choisir et nous le faire savoir !
Dans l'immédiat la FDC ne travaillera pas, ni n'engagera de discussion avec cette association et tous ceux qui œuvreront à promouvoir leur provocation.
Ces personnes devraient intégrer dans leurs réflexions sur l'augmentation du nombre de sangliers, les facteurs d'origine historique comme la désertification (En Ardèche, perte de 1000 Ha de surface agricole par an au profit des broussailles et de l'urbanisation).

Je tiens à rappeler que les chasseurs ardéchois, les seuls à agir sur la population de sangliers ont toujours été conscients et responsables face à la surpopulation locale de sanglier, à tel point que la pression de chasse s'est largement renforcée ces dernières années avec 25 000 sangliers tués en Ardèche en 2015-2016 et des indemnisations dégâts à hauteur de 318.000 €, toujours, pour l'instant, à la seule charge des chasseurs, alors que dans le département du Gard qui nous est comparé nous pouvons relever 35 000 sangliers tués pour 1.000.000 € de dégâts indemnisés.

Pour en revenir au piégeage du sanglier dans le Gard, je rappelle que pour l'heure l'expérimentation relative à cet exercice n'en n'est qu'au stade de la demande. La FDC de l'Ardèche est favorable dans notre département à l'expérimentation du piégeage uniquement en zone urbaine, là où la chasse est difficile à exercer, à encadrer, et non pas par les gardes particuliers, mais par les lieutenants de louveterie et les agents de l'ONCFS.

Je confirme qu'une légitimité du piégeage du sanglier en l'absence de louvetier et de l'ONCFS n'aurait pas l'assentiment de la FDC de l'Ardèche. De même, si la possibilité d'affuter par le monde
agricole devait être validée pour le mois d'avril et mai, elle s'apparenterait à un retour généralisé du droit d'affût, ce qui remettrait inévitablement en cause le droit à l'indemnisation actuel qui reposait sur ce principe.

En outre plusieurs questions se posent : qui finance les pièges-cages, qui les contrôle, qui en assume la responsabilité pénale, que fait-on des sangliers capturés, etc...
Lorsque j'aurai des réponses précises et circonstanciées à ces questions, la FDC se positionnera officiellement et si le Ministère de l'Ecologie était volontaire pour étendre des mesures du Gard à l'Ardèche, nous sommes tout à fait d'accord pour accepter celles concernant la chasse de la grive et du pigeon ramier.

S'agissant de la stérilisation dont on parle depuis des années, l'expérimentation est tentée en Catalogne, nous suivrons attentivement les résultats, mais une stérilisation sur la faune sauvage n'est pas sans risque, j'invite les provocateurs à ne pas jouer les apprentis sorciers avec le vivant.

Je demande à chaque adhérent de ne rien lâcher, de bien analyser la situation de votre territoire, de ne répondre à aucune pression et provocation d'où qu'elle vienne. Toutes ces pratiques que nous subissons ne sont pas dignes du partenariat honnête et transparent que nous avons mis en place et qui est apprécié du plus grand nombre.

En conclusion, pour vérifier et ne gêner en rien l'efficacité du piégeage qui est présentée comme la solution miracle, la plus adéquate, la panacée pour répondre à la problématique sanglier, j'envisage de proposer aux chasseurs ardéchois de laisser les fusils à la maison pendant quelques temps. Cette mesure pourrait être présentée et débattue au prochain congrès ? Affaire à suivre... Attendons les décisions à venir.

 

 

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