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La Fauconnerie, un art qui nécessite un territoire adapté et un chien bien dressé

Autrefois la fauconnerie ou chasse au vol était beaucoup pratiquée partout dans le monde. Avec l'arrivée des armes à feu, les chasseurs au vol ont fortement diminué. Seule une minorité de vrais passionnés continue cet art qui demande beaucoup de temps et énormément de patience.

En fauconnerie, la demi-mesure n'a pas sa place, le fauconnier recherche sans cesse la perfection, sinon l'échec est total. Les contraintes sont là mais c'est un art qui donne tellement de satisfaction et d'émotion. Le fauconnier vit pour ses oiseaux ; tout est organisé pour que tout se passe pour le mieux. Nul autre chasseur ne peut être plus proche et impliqué dans la nature que le fauconnier. Il faut environ 3 semaines pour affaiter (imprégner) un oiseau de chasse mais il faut compter environ 3 années pour que celui-ci devienne vraiment performant. C'est un travail où le chien, l'oiseau et le chasseur, forment une équipe basée sur la confiance. Si le chien de chasse est important pour toute chasse, en fauconnerie il doit être parfait, sinon l'oiseau mal servi peut se décourager et perdre confiance.

La fauconnerie se compose en deux types de chasse :

Le Bas vol
C'est une chasse devant soi avec Autour des palombes, Epervier, Aigle royal. Elle consiste à faire travailler le chien devant nous, l'oiseau est au poing et attend avec impatience le départ du gibier. L'oiseau de bas vol est très polyvalent, il peut aussi bien chasser en forêt qu'en plaine. Le gibier chassé peut aller de la Grive pour l'Épervier au Renard pour l'Aigle royal. Il s'agit d'une chasse très écologique, où le gibier en parfaite santé a toutes les chances d'esquiver l'attaque du rapace. Les vols sont directs et se font au ras du sol à la poursuite du gibier. Plusieurs vols sont parfois nécessaires pour obtenir une belle prise. En cas d'échec, l'oiseau revient sur le poing du chasseur qui lui donne une récompense.


Le Haut vol
Le haut vol se pratique avec des Faucons (pèlerin, gerfaut). Avec un Faucon pèlerin, c'est sans doute la chasse la plus spectaculaire et la plus complexe. Le faucon est un chasseur d'oiseau, incapable de saisir une proie au sol. Sa technique de capture impose de grands espaces. Notre région n'est pas la plus adaptée pour la pratique de cet art mais reste possible. En Ardèche nous chassons essentiellement la Perdrix rouge et le Faisan.

Au cours d'une partie de chasse, le fauconnier porte sur le poing l'oiseau chaperonné (yeux couverts) pour le garder calme avant la chasse. Avec lui, le chien d'arrêt est un acteur indispensable. Nous utilisons des chiens de quête étendue comme les braques ou encore le pointer et les setters. Le chien créancé sur la plume ne peut en aucun cas chasser un gibier à poil. Durant la partie de chasse, comme pour une chasse à tir, le chasseur donne l'ordre à son chien de parcourir le terrain en quête d'oiseaux. Au moment où le chien ralentit et se met à l'arrêt, le fauconnier enlève le chaperon à son oiseau. Le faucon sait très bien ce que cela signifie et quitte le gant pour monter très rapidement dans le ciel, au-dessus du chien a environ 200 mètres du sol. Lorsque le faucon est bien positionné, le chasseur fait voler le gibier et le faucon entame un piqué à la verticale qui peut atteindre les 320 km à l'heure, pour «buffeter» (percuter) sa proie en plein ciel. Parfois, le faucon va réaliser une prise mais là n'est pas l'essentiel. C'est la beauté du chien à l'arrêt, le beau vol du faucon, un gibier qui se défend, qui feront le bonheur du fauconnier.

L'émotion est énorme mais le travail n'est pas fini, il doit être répété tous les jours si l'on veut conserver le niveau nécessaire. Le chasseur à tir peut déposer son arme à la fin de la journée ou à la fin de saison. Les faucons demandent au quotidien de l'attention et des soins. Ils ne sont jamais loin des pensées d'un fauconnier. De nos jours et plus que jamais, le fauconnier et les chasseurs à tir se doivent de gérer le gibier et leur territoire pour garder des populations de gibier sauvage. Tout ceci demande aussi beaucoup de temps et d'investissement. La contrainte est là mais ainsi va la vie d'un fauconnier.

Olivier HESPEL Fauconnier en Ardèche.